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Palabra del Ejército Zapatista de Liberación Nacional

Ene082020

Déclaration de la 4è assemblée nationale du CNI-CIG

Déclaration de la 4è assemblée nationale du CNI-CIG

Au peuple du Mexique,
Aux peuples du monde,
À la Sexta nationale et internationale,
Aux réseaux de résistance et de rébellion,
Aux médias,

Frères et sœurs,

Réunis au Caracol zapatiste Jacinto Canek, qui se trouve au Cideci-Unitierra, à San Cristóbal de las Casas, au Chiapas, ces 18 et 19 décembre 2019, nous avons célébré la 4e assemblée nationale du Congrès national indigène et du Conseil indigène de gouvernement. Nous nous sommes retrouvés entre peuples afro-mexicain, binizaa, chinantèque, chol, chontal, comca’ac, hñahñu, kumai, mam, maya, mayo, mazahua, me’phaa, mixe, mixtèque, nahua, náyeri, purépecha, quiché, rarámuri, téenek, tepehuano, tohono oódam, tojolabal, totonaque, tzeltal, tzotzil, wixárika, yaqui, zoque, chixil, cañari et castillan, provenant de 24 États de la République mexicaine, ainsi que des invités provenant du Guatemala, d’Équateur, du Salvador et des États-Unis, pour nous écouter et pour voir dans le compañero et la compañera que nous sommes collectivement les peuples, nations et tribus.

Nous nous sommes rencontrés afin de voir et de comprendre la guerre néolibérale qui vient d’en haut, dissimulée derrière les mensonges de qui prétend gouverner et qui en fait livre le pays aux mains du grand capital. Dérangé par la conscience collective des peuples, celui-ci met en œuvre sa machinerie de pillage :

1. Par la violence sanguinaire et terroriste à l’encontre des peuples qui défendent la terre.

Notre rencontre est aujourd’hui habitée par le deuil et la rage, en sont la cause le mal fait à la terre-mère et le pillage de toutes ses formes de vie. Et ceux-là qui ont décidé de la détruire pour en faire du business ont un prénom et un nom, tout comme les assassins de nos compagnons. Notre cœur collectif souffre à cause de l’assassinat du compañero, délégué popoluca du CNI, Josué Bernardo Marcial Campo, connu aussi comme TíoBad. Son art, sa musique et son opposition aux méga-projets auxquels le mauvais gouvernement claironne avoir mis un terme, comme c’est le cas du fracking, sont la cause de sa disparition et de son assassinat brutal le lundi 16 décembre dernier.

Le compañero nahua Samir Flores Soberanes, d’Amilcingo, dans le Morelos ;
le compañero mephaa Julián Cortés Flores, de la Maison de justice de San Luis Acatlán, dans le Guerrero ;
le compañero tzotzil Ignacio Pérez Girón de la municipalité d’Aldama, au Chiapas ;
les compañeros nahua José Lucio Bartolo Faustino, Modesto Verales Sebastián, Bartolo Hilario Morales et Isaías Xanteco Ahuejote, organisés au sein du Conseil indigène et populaire du Guerrero – Emiliano Zapata (CIPOG – EZ) ;
les compañeros nahua Juan Monroy et José Luis Rosales, d’Ayotitlán, dans le Jalisco ;
le compañero nahua Feliciano Corona Cirino, de Santa María Ostula, dans le Michoacán ;
tous ces compañeros ont été assassinés parce qu’ils s’opposaient à la guerre par laquelle le gouvernement prétend s’accaparer de nos terres, de nos montagnes et de nos eaux, et renforcer la dépossession qui menace notre existence en tant que peuples originaires.

2. Par les consultations mensongères.

Le mauvais gouvernement fédéral fait semblant de consulter les peuples et usurpe notre volonté collective en ignorant et en outrageant nos formes d’organisation et de prise de décisions. C’est le cas avec cette vulgaire tromperie qu’il a appelée « Consultation », dont l’objectif n’est autre que d’imposer par la force le mal nommé « Train Maya », qui livrera les territoires indigènes au grand capital industriel et touristique. C’est le cas aussi d’autres dites « consultations » ; en fait, il s’agit de faire appliquer par la force le Projet intégral Morelos ou les mégaprojets mortifères qui reconfigurent notre pays pour le mettre à disposition du capital multinational, en imposant principalement le pouvoir terroriste des Etats-Unis.

3. Par les conflits et la confrontation entre les peuples.

Pour avancer dans sa guerre, le mauvais gouvernement parie sur le démantèlement des tissus communautaires. La violence s’étend dans les communautés où il fomente des conflits internes entre celles et ceux qui défendent la vie et celles et ceux qui ont décidé de lui donner un prix, même s’il faut pour cela vendre les générations futures au bénéfice gigantesque d’une poignée de corrompus auxquels obéissent les groupes armés de la criminalité organisée.
Pour ces raisons, nous affirmons que nous résistons et que nous luttons, parce que nous sommes vivants. Parce que, si nous avons peur de ne plus exister tels que nous sommes, ce n’est pas non plus cette voie que nous avons choisie pour nous, femmes et hommes, ni pour celles et ceux envers lesquels nous avons des devoirs.

4. Par l’expansion de la guerre

Pendant que la guerre du capital nous impose, à nous peuples originaires, plus de souffrance et de violence que jamais, le mauvais gouvernement et ses groupes armés, qu’ils soient militaires, policiers, paramilitaires, gardes blanches ou groupes de choc, étendent la destruction à l’ensemble du territoire national au nom de l’argent.

Dans l’État de Veracruz :

Dans la région du Totonacapan et jusque dans la Huasteca, les gazoducs Texas-Tuxpan, Tuxpan-Atotonilco et Tuxpan-Tula sont en cours d’installation. Allant de pair avec les mensonges du gouvernement néolibéral d’AMLO, la fracturation hydraulique se développe pour extraire les hydrocarbure ; des dérivations sont mises en place pour s’accaparer l’eau des rivières et la privatiser, menaçant la vie des peuples tének, nahuatl, totonaque, otomí et tepehua ; et les groupes de la criminalité organisée augmentent.

Dans l’État de Michoacán :

Sur le territoire du plateau purépecha, la culture massive de l’avocat s’étend et envahit le territoire des communautés indigènes. Les forêts sont abattues et les lacs de Cuitzeo, Zirahuen et Pátzcuaro sont réduits à l’agonie.
Dans les montagnes de la côte appartenant au peuple nahua, la volonté de pillage des bandes de la criminalité organisée menace la vie et l’intégrité des peuples originaires, avec le soutien effronté de tous les niveaux du mauvais gouvernement. C’est le cas tout particulièrement de nos frères de la communauté indigène nahua de Santa María Ostula qui résistent à la dévastation des territoires communaux, menacés par l’exploitation des ressources minérales et du bois précieux ainsi que par l’exploitation touristique des plages dans les municipalités d’Aquila, de Coahuayana, de Chinicuila et de Coalcomán. Tout en voulant laisser paraître que la guerre se livre entre communautés ou entre comuneros, les puissants attendent en haut le moment opportun pour s’approprier de la vie qu’Ostula défend.
Dans la communauté purépecha de Zirahuén, qui lutte depuis longtemps pour la défense du lac éponyme, aujourd’hui, avec l’aide de groupes armés de la criminalité organisée, les patrons qui sont à la tête des cultures d’avocats détruisent et contaminent l’eau par l’utilisation de substances agro-toxiques.

Dans l’État de Jalisco:

L’invasion du territoire wixárika de San Sebastián Teponahuaxtlán continue, menée par de soi-disant petits propriétaires de Huajimic, dans le Nayarit. Et le gouvernement met aux mains des entreprises minières étrangères des milliers d’hectares du territoire sacré Wirikuta, dans l’État de San Luis Potosí, menaçant son existence culturelle et celle de son territoire cérémoniel.
Dans la communauté indigène chichimèque de San Juan Bautista de La Laguna, dans la municipalité de Lagos de Moreno, le mauvais gouvernement livre à des particuliers le territoire ancestral reconnu dans les titres primordiaux, imposant en plus de cela un gazoduc afin d’approvisionner des grandes industries, face auxquelles, de manière organisée, la communauté a résisté malgré la répression et la criminalisation que les mauvais gouvernements de l’État et de la municipalité exercent à leur encontre.
La communauté tepehuan et wixárika de San Lorenzo d’Azqueltán subit, en plus de la spoliation de sa terre, des menaces de mort et des tentatives d’homicide, comme le 3 novembre dernier, lorsque le cacique dénommé Fabio Flores alias “La Polla”, accompagné de personnes armées, a attaqué les autorités communales et blessé gravement les comuneros Ricardo de la Cruz González, Rafael Reyes Márquez et Noé Aguilar Rojas qui ont failli en mourir. Tout cela avec la complicité du gouvernement municipal de Villa Guerrero, dans l’État du Jalisco, l’impunité continuant à prévaloir pour ce crime lâche.

Dans l’État de Puebla:

Avec son groupe armé de la Garde nationale ainsi que des groupes de policiers, le mauvais gouvernement tente d’imposer un méga-projet qui déverserait des déchets toxiques dans la rivière Metlanapa, cela dans le cadre du soi-disant Projet intégral de construction du système d’évacuation des eaux usées de la zone industrielle de Huejotzingo, dite «Cité du textile». Alors qu’ils défendent la vie de la rivière et des villages qui habitent là, nos compañeros et compañeras nahua des communautés de San Mateo Cuanalá, San Lucas Nextetelco, San Gabriel Ometoxtla, Santa María Zacatepec et du quartier José Ángeles ont subi des agressions de la part de ces agents de la répression.
Dans la Sierra Negra de Puebla, notre compañero Sergio Rivera Hernández a été enlevé et porté disparu depuis le 23 août 2018 dernier, en représailles à sa lutte contre la destruction causée par l’entreprise minière Autlán, raison pour laquelle nous continuons à demander sa présentation en vie.

Dans l’État de Campeche:

Sous le prétexte du mal nommé «Train Maya» est prévue la construction de 50 nouveaux centres urbains qui, en plus de détruire l’environnement, déposséderont les peuples originaires de leurs territoires.

Dans les États de Morelos, Puebla et Tlaxcala

Le Projet intégral Morelos est imposé par la force et par la répression de celles et ceux qui ne sont pas d’accord, comme le montre l’assassinat de notre frère Samir Flores. Ce crime reste impuni car, tandis qu’en bas Samir représente un exemple de dignité, pour ceux d’en haut il ne mérite que le mépris ; pour eux l’important est de construire la centrale thermoélectrique de Huexca, dans l’État de Morelos, le gazoduc sur les flancs du volcan sacré Popocatepetl, ainsi que l’infrastructure industrielle et de communication que cela implique. Dans ce scénario, la présence de violents groupes criminels s’intensifie.

Dans l’État du Chiapas:

L’intention de spoliation et de privatisation du territoire tzeltal au bénéfice d’entreprises privées se poursuit au travers de la dite «autoroute culturelle» qui s’appelait auparavant la «super autoroute» et qui prétend passer par le territoire de l’ejido de San Sebastián Bachajón, par Palenque et d’autres communautés.
De la même manière, dans le territoire zoque, le grand capital a identifié un corridor pétrolier qui recouvre 9 municipalités sur une surface de 84 500 hectares et qui prétend traverser le territoire de la communauté de Chapultenango.
Les mauvais gouvernements de tous les niveaux cherchent au travers de campagnes de confrontation, de paramilitarisation et d’usurpation à en finir avec l’organisation des communautés qui s’organisent de façon autonome, comme c’est le cas de nos frères de l’ejido Tila.
Sur la côte du Chiapas nous avons reçu des menaces de spoliation de nos terres à cause du projet de construction de l’autoroute Pijijiapan – San Cristóbal de las Casas – Palenque, en plus de la construction d’un gazoduc qui prétend traverser la zone côtière du Chiapas et du Guatemala.
Le harcèlement militaire et paramilitaire persiste à l’encontre les territoires zapatistes, afin de tenter d’affaiblir et de détruire non seulement les espaces autonomes qui ont été construits, mais aussi l’écho qui se propage dans le pays et dans le monde.

Dans la ville de Mexico:

Les espaces publics déniés aux peuples originaires résidant dans la ville pour réaliser leur artisanat sont remis aux capitaux privés pour leur enrichissement propre. C’est le cas du peuple Otomí résidant dans la ville de Mexico, qui se retrouve actuellement sous la menace d’une expulsion au numéro 18 de la rue Roma, dans le quartier Juárez.
La spoliation des espaces paysans et indigènes de la ville de Mexico s’intensifie en même temps que le harcèlement contre les compañeros Gerardo Camacho et Jaime Gómez qui ont reçu des menaces de mort du commissaire ejidal de la communauté de San Nicolás Totolapan.

Dans l’État de Guerrero:

Le harcèlement persiste contre nos frères du Conseil indigène et populaire du Guerrero – Emiliano Zapata, qui construisent leurs formes de sécurité et de justice en veillant sur le territoire face à l’avidité capitaliste.

Dans l’État de Mexico :

Dans la vallée de Mexico, le méga-projet néolibéral de Santa Lucía et l’autoroute Tuxpan-México ont été imposés par le biais de paramilitaires sur le tronçon Ecatepec-Peñón, tout comme la canalisation et la privatisation des rivières et des sources d’eau.

Dans l’État d’Oaxaca:

Le territoire de San Antonio de Las Palmas est menacé par des concessions minières qui recouvrent plus de 15000 hectares, ainsi que des projets de barrages sur la rivière Cajonos, dans le bassin du fleuve Papaloapan.

Dans les États d’Oaxaca et de Veracruz:

Au sud de l’État de Veracruz et dans la partie nord de l’isthme de Tehuantepec, ils prétendent imposer un couloir interocéanique qui transformerait la région en un immense parc industriel, menaçant notre accès à l’eau, détruisant la nature et le tissu social des peuples par le biais de l’insécurité et la violence. Les cours d’eau des territoires autochtones seront utilisés afin d’agrandir et de connecter entre eux les ports du couloir interocéanique, et le projet comprend des méga-projets miniers, l’exploitation du gaz de schiste et des parcs éoliens appartenant aux entreprises ainsi que la spoliation de l’eau qui jaillit des territoires autochtones.

Dans l’État du Sonora:

La rivière Mayo est contaminée par la mine à ciel ouvert Cobre del Mayo qui rejette ses déchets toxiques dans le barrage Abelardo L. Rodríguez, connu sous le nom de barrage du Mocuzarit, menaçant la vie collective du peuple Mayo.

Dans l’État de Nayarit:

Le fleuve San Pedro sur le territoire nayeri se trouve menacé par le projet hydroélectrique «Las Cruces» ainsi que par la méga-mine d’or et d’argent dans la communauté de Jazmín del Coquito, sur les terres de Los Arroyos.

Dans l’État du Yucatán:

Dans le contexte de l’imposition en cours du mal nommé Train Maya, notre compañero Pedro Uc Be, de l’assemblée en défense du territoire Maya Muuch Xiinbal, a été menacé de mort.

En raison de tout ce qui a été dit antérieurement, nous faisons savoir que nos peuples, nations et tribus continueront à veiller et à défendre les semences de la résistance et de la rébellion au milieu de la mort, par la construction d’un chemin qui perdure au milieu de l’obscurité ; et nous, femmes et hommes, nous serons là afin de soigner notre terre-mère, aux côtés des peuples du monde.

Décembre 2019

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples
Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès national indigène
Conseil indigène de gouvernement
Armée zapatiste de libération nationale

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