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Palabra del Ejército Zapatista de Liberación Nacional

Ago052018

Il reste pas mal à faire

Il reste pas mal à faire
 
Avril 2018,
 
Aux réseaux de soutien au CIG et aux petites maisons Marichuy,
A ceux qui ont participé à l’Association civile « L’heure de la floraison des peuples est venue»
A la Sexta nationale et internationale,
Au peuple du Mexique,
Aux médias libres, autonomes, alternatifs, indépendants,
A la presse nationale et internationale,
 La guerre, la spoliation et de la répression qui envahissent nos peuples s’intensifient en même temps qu’avance le processus électoral. C’est pourquoi, en accord avec les étapes parcourues le long des géographies de ce pays par notre porte-parole Marichuy  accompagnée des conseillers et des conseillères, nous nous adressons respectueusement au peuple du Mexique pour lui dire 
 
Nous avons écouté la douleur de toutes les couleurs de ceux qui, comme nous, constituent le Mexique d’en bas.
 
Prenant la période de collecte des signatures comme prétexte, nous avons parcouru les territoires indigènes de notre pays. Ensemble, nous avons fait grandir notre proposition politique d’en bas et rendu visible la lutte de nombreux peuples originaires, leurs problèmes et leurs propositions. 
 
A travers notre participation au processus électoral, nous avons fait savoir de nouveau aux peuples indigènes et non-indigènes du Mexique que nous ne resterons pas tranquilles face à la destruction et au vol de la terre que nous avons héritée de nos ancêtres et devons transmettre à nos petits-enfants, face à la pollution des rivières et à la perforation des collines pour en extraire des minerais. Nous ne resterons pas tranquilles, alors que la paix et la vie que nous construisons jour après jour,  sont converties en guerre et en mort par le biais de groupes armés qui protègent leurs intérêts des puissants. Notre réponse, n’ayez aucun doute, sera la résistance organisée et la rébellion, afin de soigner ce pays. 
 
Grâce à l’importante mobilisation dans tout le pays de milliers et de milliers de compañeras et compañeros des réseaux de soutien, nous nous sommes rendu compte et il est devenu clair pour tous que, pour apparaître sur les bulletins électoraux, il nous faut garantir être pareils ou pires qu’eux. Que si nous remettons des signatures, celles-ci doivent être fausses, sinon elles n’ont aucune valeur. Que si nous dépensons de l’argent, sa provenance doit être trouble. Que si nous disons quelque chose, cela doit être un mensonge. Que si nous nous accordons sur quelque chose de sérieux, ce doit être avec les politiciens corrompus, avec les entreprises d’extraction minière, avec les banquiers, les cartels de la drogue, mais jamais, au grand jamais, avec le peuple du Mexique. 
 
Apparaître sur les bulletins électoraux n’a de sens que pour ceux qui cherchent à administrer le pouvoir d’en-haut en oppressant ceux d’en bas, parce que le pouvoir qu’ils recherchent est pourri jusqu’à la moelle. 
C’est donc une compétition qu’on peut gagner grâce à la triche, à l’argent et au pouvoir. Dans cette marchandise que sont lesélections de la classe politicienne, il n’y a pas et il n’y aura jamais de place pour la parole de ceux d’en bas, ceux qui étant indigènes ouqui, bien que n’étant pas d’un peuple originaire, méprisent le pouvoir et construisent la démocratieen prenant collectivement desdécisions et qui deviennent ensuite gouvernement au sein d’une rue, d’un quartier, d’une communauté, d’un ejido, d’un collectif, d’une villeou d’un État. 
 
Et donc le processus électoral est une grande porcherie dans laquelle s’affrontent ceux qui ont pu falsifier des milliers de signatures, et quiont les milliers de millions de pesos suffisants pour leur permettre de faire pression et d’acheter les votes, alors que la plus grande partiedu peuple mexicain se débat entre la pauvreté et la misère.  
 


C’est la raison pour laquelle notre proposition n’est pas la même. C’est pour cela que nous ne sommes pas en train de faire campagne ;pour cela que nous ne nous sommes pas mis à falsifier de signatures, ni à chercher et à dépenser de l’argent utilisé par le peuple mexicainpour résoudre ses nécessités vitales. C’est pour cela que nous ne cherchons à gagner aucune élection, ni à retourner notre veste pourrejoindre la classe politicienne. Mais c’est au contraire le pouvoir d’en bas que nous sommes partis chercher, celui qui naît des douleursdes peuples, et c’est pour cela que nous marchons à la recherche de la douleur de toutes les couleurs qui font de nous le peuple duMexique, car c’est là que se trouve l’espoir que naisse un bon gouvernement qui dirige en obéissant, et ce n’est que de la dignitéorganisée qu’il pourra émerger. 
 


Ce n’est pas seulement le racisme de la structure politique qui a empêché que notre proposition figure sur les bulletins électoraux ; car, si ceux qui s’opposent à la destruction capitaliste avaient les yeux bridés, les yeux bleus ou les yeux rouges, les politiques publiques et la soi-disant démocratie seraient faites pour que eux aussi en soient exclus. Les peuples originaires,et nous tous qui marchons en bas à gauche, nous ne rentrons pas dans leur jeu ; non pas à cause de notre couleur, de notre race, de notre classe, de notre âge, de notre culture, de notre genre, de nos pensées, de notre cœur, mais parce que nous ne faisons qu’un avec la terre-mère, et notre lutte existe pour que tout ne soit pas converti en marchandise, car cela serait la destruction de tout, à commencer par notre existence en tant que peuples.


C’est pour cela que nous luttons,pour cela que nous nous organisons, pour cela que nous ne pouvons pas nous fondre dans la structure de l’État capitaliste. Au contraire, nous ressentons  de plus en plus de dégoût pour le pouvoir d’en haut, qui rendchaquejour plus flagrant son profond mépris envers toutes et tous les Mexicains. La grave situation que vivent nos peuples, et qui s’est gravement intensifiée ces dernières semaines du fait de la répression et de la spoliation, ne s’est vudécerner qu’un silence complice de la part de tous les candidats.


En conséquence, selon l’accord de la deuxième session de travail du Conseil indigène de gouvernement, qui s’est tenue les 28 et 29 avril dans la ville de Mexico, ni le Conseil indigène de gouvernement, ni notre porte-parole ne rechercheront ni n’accepteront aucune alliance avec aucun parti politique ni avec aucun candidat, ni n’appelleront à voter ou à s’abstenir. Nous continuerons au contraire à chercher tous les gens d’en bas pour démonter le pestilentiel pouvoir d’en-haut. Que vous votiez ou que vous ne votiez pas, organisez-vous. 


Nous marcherons en construisant les clés pour guérir le monde.
 
C’est parmi les peuples originaires de ce pays, qui se sont mis d’accord pour former le Conseil indigène de gouvernement, c’est-à-dire là où ceux avec lesquels notre porte-parole a tissé au fil de ses pas – suivant en cela le mandat de l’assemblée générale du CNI –que sont les résistances et les rébellions qui donnent forme à notre proposition pour toute la nation. C’est pour cela qu’aux côtés des conseillères et des conseillers de chaque État et de chaque région, nous avons parcouru leurs géographies : là où la guerre et l’invasion du monstre capitaliste se vit au quotidien ; là où la terre est spoliée afin qu’elle cesse d’être collective et qu’elle reste entre les mains des riches, afin que les territoires soient occupés et détruits par les entreprises minières, les nappes phréatiques dévastées par l’extraction d’hydrocarbures, les rivières contaminées, l’eau privatisée sous forme de barrages et d’aqueducs, la mer et l’air privatisés par les parcs éoliens et par les avions, les semences natives contaminées par les transgéniques et par les produits chimiques toxiques, les cultures réduites au folklore, les territoires reconfigurés pour le fonctionnement du narcotrafic transnational, l’organisation d’en bas soumise à la violence terroriste des groupes narco-paramilitaires utilisés par les mauvais gouvernements. 
Nous nous sommes reconnus aussi dans les chemins qui s’illuminent au sein des mondes qui maintiennent leurs cultures, quand en eux se dessinent la proposition et la parole des autres peuples indigènes, et que de leur propre lutte et de leur propre langue surgissent les fondements de ce quiconstitue la raison d’être du Conseil Indigène de gouvernement. 
 
C’est là que brille l’espoir à la recherche duquel nous sommes partis, ainsi que dans les villes où s’organise la société civile par le biais de la Sexta, avec les groupes et les Réseaux de soutien au CIG, qui ne sont pas seulement apparus pour montrer leur solidarité et faire une tournée dans tout le pays, mais pour construire depuis la base, depuis les ruines mêmes du capitalisme, un pays et un monde meilleurs. A toutes et tous, notre admiration et notre respect. 
À toutes celles et ceux qui constituent comme nous le peuple du Mexique, aux compas des Réseaux de soutien au Conseil indigène de gouvernement dans tous les États du pays, aux compañeras et compañeros qui ont formé l’Association civile « L’heure de la floraison des peuples est venue», nous lançons un appel à continuer à nous suivre, par des consultations et des évaluations, par descommentaires, par la découverte et le cheminement sur les nouveaux sentiers que nous déciderons, par l’organisation comme toujours, que vous votiez ou pas pour un candidat ou un autre. Vos paroles, sentiments et propositions ont pour nous de l’importance.  
 
Nous continuerons à tendre des ponts respectueux vers ceux qui vivent et qui luttent. Ensemble nous ferons ainsi croître la parole collective qui nous aide à résister contre l’injustice, la destruction, la mort et le mépris. Nous reconstruirons chaque parcelle du pays avec la conscience de ceux qui en bas rêvent et se rebellent selon leurs propres géographies, leurs propres cultures et leurs propres manières de faire. 
 
La proposition collective des peuplesconserve notre parole. Cette parole s’adresse au monde. Nous continuerons donc à marcher vers le bas, vers les peuples, nations et tribus indigènes que nous sommes. C’est pourquoi nous appellerons, au mois d’octobre 2018, à l’Assemblée générale du Congrès national indigène, afin de connaître les résultats des réflexions des peuples originaires regroupés au sein du CNI, et d’avancer vers l’étape suivante. 
 
Sœurs et frères du peuple du Mexique et du monde, continuons ensemble car il reste pas mal à faire.

Pour la reconstitution intégrale de nos Peuples
Jamais plus un Mexique sans nous 
Congrès national indigène
Conseil indigène de gouvernement
Commission Sexta de l’EZLN
 
 
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