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Palabra del Ejército Zapatista de Liberación Nacional

May172014

FRAGMENTS DE LA REALIDAD (RÉALITÉ) I.

FRAGMENTS DE LA REALIDAD (RÉALITÉ) I.

 

Mai 2014

L’aube… Il doit être 2 ou 3h, allez savoir. Le silence retenti ici dans la réalité. “Le silence retentit” ? Et bien oui, ici le silence a son propre son, comme le chant des grillons, certains en face, plus fort et en opposition, d’autres toujours constants, en bas. Il n’y a pas de lumière proche. Et maintenant c’est la pluie qui ajoute son propre silence. C’est déjà la saison des pluies ici, mais elle n’arrive pas encore à blesser la terre. À peine si elle l’égratigne, tapant doucement. Une éraflure ici, à peine une flaque par là. Comme si elle nous avertissait. Mais le soleil et la chaleur rapidement la repousse de la terre. Ce n’est pas le temps de la boue. Pas encore. Le temps de l’ombre, oui. En fait c’est toujours le temps de l’ombre. Elles est partout, peu importe l’heure. Même quand le soleil est au plus haut, l’ombre est par là, se collant aux murs, aux arbres, aux pierres, aux gens. Comme si la lumière lui donnait plus de force. Mais dans la nuit… à l’aube, c’est le meilleur temps pour l’ombre. Autant en journée elle te soulage, à l’aube elle te réveille en te disant “t’es où toi ?, tu fais quoi toi?”. Et tu balbuties les réponses du sommeil-veille. Jusqu’à ce que tu puisses répondre clairement, te répondre : “dans la réalité“.

-*-

(…)

– Ben, à vrai dire, je ne sais pas quoi te dire. Il semblerait que la coutume en ville, comme disent certains, est que lorsqu’il y a un défunt dans la famille, les membres de la famille et les ami-e-s, rendent visite à sa famille pour les soutenir dans leur douleur. Ils leurs disent « toutes mes condoléances », je crois. Oui, c’est un peu comme leurs dire qu’ils ne sont pas seuls.

(…)

– Bon, ce que j’ai pu lire c’est que la majorité des élèves de la petite école ont dit qu’ils se sentaient en famille, qu’ils avaient été traités comme étant de la famille. Bon, certains même on dit que mieux que dans leur famille. Comme certains disent, il y a familles et familles, comme par exemple…

(…)

– C’est possible. Oui, c’est possible que certains, certaines ressentent, comme ils le disent, le besoin de venir présenter leurs condoléances à la famille de feu Galeano ou aux compas d’ici, ou aux deux.

(…)

– Ce n’est pas si facile, parce qu’ici, c’est très loin pour eux. Ce serait ? Quoi ? À peu près 7 heures de route depuis San Cristóbal ? Ben voilà, c’est loin pour eux. Et une mort violente n’avertit pas, elle n’a ni rendez-vous, ni lieu défini, elle entre comme ça et s’assoie, alors qu’on ne l’a pas invitée. Oui, elle entre en défonçant la porte.

Ce n’est pas comme une mort de vieillesse ou suite à une maladie, qui peu à peu met le pied, puis la main et après elle est dans un coin, attendant, jusqu’à ce qu’elle s’installe et dise « ici, c’est moi qui commande ». Dans ce cas, c’est comme si on s’y préparait, que l’idée faisait son chemin. Mais une mort violente non. Celle-là c’est comme si on te frappait, on te faisait tomber, on t’assommait, on te donnait des coup de pieds, de bâtons, de machettes, on te tirait dessus, on te tuait, elle arrive et te tire dans la tête et se moque encore de toi. C’est ainsi.

Donc si tu fais, comme on dit, un plan concerté, ou une réunion, ou les cours de la petite école zapatiste : tu dis quel jour à quel endroit et tu préviens, et chacun, où il est, averti son travail, ses études, sa famille et fait le voyage. Et toi aussi, tu prépares à l’avance où tu vas le recevoir, ce que tu vas lui offrir.

Mais comme la mort violente n’avertit pas, il n’y a rien le temps de préparer, ni pour celui qui vient, ni pour celui qui reçoit. Et après, de quoi vont-ils parler ? Si le silence assourdissant, fait qu’ils se taisent, bien qu’ils se regardent l’un, l’autre, comme si la mort n’avait pas emporté que le défunt et que les paroles aussi étaient mortes.

Donc, c’est difficile qu’ils viennent. Pas parce qu’ils aimaient ou n’aimaient pas Galeano ou les compas de la Realidad, non, mais parce qu’ils ne le peuvent pas.

En plus, où allons-nous les mettre ,si ce caracol est très petit et encore entouré de ces paramilitaires ? Et tu vas leur donner à manger ? Et les toilettes pour 25 ou 50 personnes, ou s’ils veulent prendre une douche à cause de la chaleur ou de la pluie ?

(…)

– Ah oui, si ces visiteurs apportent avec eux leur propre nourriture et plastiques pour la pluie, ça change un peu la donne, mais pas beaucoup, parce que comme l’a expliqué la promotrice de santé, il faut faire attention, comme on dit, à l’hygiène, c’est-à-dire que ça ne devienne pas une porcherie. Parce que y a des gens qui sont très sales, qui ne visent même pas, surtout, tous les foutus hommes. Parce que nous, les femmes nous sommes…

Hin ? Et les maladies, comme le « colère à ». Hin ? Non, c’est la colère, l’énervement, la rage.

(…)

– Quoi ? Non, les bonnes visites avertissent avant de venir, elles n’apparaissent pas juste comme ça. Quand une visite arrive sans prévenir on dit d’elle « pique-assiette ». Je ne sais pas pourquoi ça s’appelle ainsi, mais ça veut dire qu’elle est arrivée sans être invitée, elle s’est auto-invitée, comme on dit. Oui, la mort est comme une «pique-assiette », comme une visite qui arrive sans prévenir, qui ne demande pas la permission. Je sais que ce n’est pas la même chose, mais j’y ai pensé.

(…)

– Oui, je crois que si tu leur dis que tel jour c’est possible, alors certains, certaines viendront, mais pas tou-te-s, seulement quelques uns, quelques unes. Bien qu’ils ne puissent venir tous, ils viendront d’une autre façon. Tel des « écoutes », mais à l’envers.

Parce que la mort on peut aussi la vaincre avec un autre agenda et une autre géographie. Mais pourquoi je dis « aussi » ? Ah, je sais ce que je dis. N’y fais pas attention maintenant. Peut-être un autre jour je t’expliquerais… ou tu le verras.

(…)

– À peu près combien ? Aucune idée. Mais je crois que plusieurs, ça dépend, parce que là je vois qu’ils mettent en place une tente supplémentaire et qu’ils balayent et lavent. Oui, comme s’ils attendaient des visites.

(…)

– Plus ou moins quand ?Ben, demandes-le à Emilano ou à Max ou au SubMoi que j’ai vu parler là-bas avec une jeune fille d’ici. Bien qu’après il doit aller voir les comités.

(…)

– Moi ? Ben, j’attends. J’attends que les comités de zone trouvent un accord, ils me diront quoi écrire et j’écrirai.

(…)

Regarde !… Là-bas ! Où sont les petites lumières. Tu l’as vu ce drôle d’animal ? Oui on dirait un chien… ou plutôt un chat. Oui, on dirait un chat-chien. C’est bizarre. Non ?

(…)

– Oui, de fait la réalité est bizarre.

-*-

Fragment de la Page 4 du Rapport d’Enquête sur l’assassinat du compañero Galeano. Audition de la compañera S., zapatiste, base d’appui de La Realidad, âgée de 16 ans allant sur ses 17. Le 11 mai 2014.

(ATTENTION : le texte qui suit contient des paroles hautes en couleur qui pourraient blesser la susceptibilité de la royauté européenne et des aspirants au trône. – Mais, ici entre nous, rien de plus que ce que l’on peut entendre dans n’importe quel coin du monde d’en bas- Allez).

Aujourd’hui nous sommes le 11 mai 2014.

(…)

Est présente une compañera qui va nous raconter ce qu’ils lui ont dit, plutôt ce qu’il lui a dit. Parce qu’il s’agit d’une seule personne, l’autre n’a pas parlé C’est de cela que va nous parler la compañera.

Raconte-nous, compañera.

Compañera S: Et bien, voyez, compa Sous-commandant Insurgé Moisés, je vais vous raconter ce que m’a dit cet assassin.

SCIM: Quand t’as-t-il parlé ?

Compañera S: Samedi.

SCIM: Le 10 mai ?

Compañera S: Oui, le 10 mai.

SCIM: Vers quelle heure?

Compañera S: Vers 9h.

SCIM: 9h du matin?

Compañera S: Oui. Vers 9h il m’a dit :

– Tu te la racontes – me dit-il, mais moi, je n’ai pas voulu lui répondre.

Puis il m’a dit « arrête-toi », et je me suis arrêtée.

– Écoute bien ce que je vais te dire – je me suis arrêtée.

SCIM: Et comment s’appelle cette homme ?

Compañera Selena: Il s’appelle R.

SCIM: R. , oui, continue.

Compañera S: Il m’a dit « écoute ce que j’ai a te dire », et je l’ai écouté.

Il m’a dit :

– Profite bien de ton Caracol. Parcours-le en long et en large, parce que très bientôt nous allons le prendre et ce Caracol va très bientôt être à nous. Ça me fera plaisir d’en faire ma maison, quand il sera à nous, parce que très bientôt nous allons le prendre.

Je lui ai répondu :

– Ben si c’est comme ça, si vous êtes des hommes, comme vous le dites, que vous avez une bite et des couilles et que mort ou vif vous allez prendre le Caracol, pourquoi vous ne le prenez pas pour de vrai, si vous avez des couilles ?

Et il m’a dit :

– Oui, j’ai des couilles et une bite, tu veux les voir ?

Alors je lui ai répondu :

– Si tu veux les montrer, montre-les à ta mère.

C’est alors qu’il m’a dit :

– Tu es très en colère parce qu’on a tué ton mec ?

Et je lui ai dit :

– Ce compañero n’est pas mon mec. Ce compañero est un de nos compañeros qui lutte pour nos peuples, il ne lutte pas pour recevoir des miettes du gouvernement.

Il a commencé à rire avec son compañero, quand il m’a dit…

SCIM: Comment s’appelle son compañero?

Compañera S: M.

Quand il m’a dit :

– Ceux que nous allons avoir entre nos mains, Raúl, Jorge et René. Nous allons les avoir entre nos mains et nous allons les tuer comme nous avons tué la velue (Note : « La velue » c’est ce nom méprisant que les paramilitaires de la CIOC-H donnaient au compañero Galeano.)

Je vous ai déjà dit que si vous voulez le faire, faites-le et essayez, mais entrez dans le Caracol. N’entrez pas quand il n’y a personne, comme vous l’avez fait dans l’école, où vous avez pu entrer parce qu’il n’y avait personne. Je lui ai dit : Si vous êtes vraiment des hommes prenez le Caracol, et là ils riaient et me disaient :

– Remercie-nous de ne pas avoir tué ton papa.

SCIM: Il te l’a dit ainsi ?

Compañera S: Ouí.

– Nous n’avons pas tué ton papa, mais ce sera pour la prochaine fois.

Et je lui ai répondu :

– Et pourquoi vous ne l’avez pas tué ?

– Ben parce que nous ne savions pas où il était.

– Ben si vous voulez le faire, faites-le. Il est dans le Caracol. Il est là.

C’est alors qu’il m’a dit :

– Tu sais qui a tué la velue ?

J’ai répondu :

– Comment pourrais-je le savoir je n’étais pas là quand vous avez assassiné notre compañero ?

– C’est moi qui l’ai tué. C’est moi qui lui ai tiré dans la tête et je l’ai envoyé se faire foutre. C’est comme cela que l’on va faire. Nous allons vous tenir entre nos mains. Et avec ceux dont je t’ai parlé, c’est comme ça que l’on va faire. Mais chaque chose en son temps. Tu sais quoi ? Nous en avons marre de vous, parce que ce n’est pas juste ce que vous faites. C’est pour ça que nous en avons marre de vous.

Mais moi, je lui ai répondu :

– C’est nous qui en avons marre de ce que vous faites. Et encore plus quand nous apprenons que nous les compañeras, nous avons dû aller chercher le corps de notre compañero. Là nous en avons encore plus marre de vous – et eux ils riaient.

– Bien sûr que oui puisque ce sont tous vos mecs – c’est comme ça qu’il l’a dit.

SCIM: Et de quoi se moquait-il, du fait que tu leur aies dit de faire ce qu’ils disent ? Ou parce qu’il a mentionné quelque chose à propos du Conseil de Bon Gouvernement ? Ou n’a-t-il pas dit que…

(inaudible)

SCIM: hum, hum.

Compañera S: Il a seulement dit :

– Nous, oui, nous allons tuer, nous allons vous casser une fois pour toutes. Vous êtes le Conseil de Bon Gouvernement, vous êtes des bons gouvernements, quoique nous vous fassions, vous n’allez rien nous faire. Pourquoi ? Parce que vous êtes des bons gouvernements.

Je lui ai dit :

– Oui, bien sûr nous sommes des bons gouvernements, mais face à cela nous ne le sommes plus – je lui ai dit.

– Mais vous allez faire quoi ? Même si vous savez qui est celui qui a tué, vous n’allez rien nous faire, parce que vous êtes le Conseil de Bon Gouvernement qui protège tout le monde. Je n’ai pas peur -dit-il- Je n’ai pas peur c’est pour ça que je te dis que je l’ai tué.

Je lui ai répondu :

– J’espère que ce sera comme ça. Quand ton jour viendra, j’espère que tu resteras droit comme une bite, comme tu es droit maintenant devant moi.

– Bien sûr que je le serai. Mais quand ? Ce jour ne va pas arriver, parce que vous êtes le Conseil de Bon Gouvernement, vous êtes des bons gouvernements et vous n’allez rien nous faire.

SCIM: Te rappelles-tu s’il a dit quelque chose de plus ? À propos de ce dont il se moquait et riait.

Compañera S: Oui il riait et son compagnon riait encore plus fort et ne disait rien.

SCIM: M. ne parlait pas, il riait seulement ?

Compañera S: Non il n’a pas du tout parlé, il riait seulement. M. était là, il lui a pincé le dos pour qu’il arrête de parler.

SCIM: Ah. Il lui a pincé le dos ?

Compañera S: Oui, il lui a pincé le dos et ils ont commencé à se disputer. Il m’a dit :

– Il vaut mieux que tu ailles faire ta course. Je ne lui ai rien répondu.

SCIM: Bien, comme tu te rappelles de ce qu’il t’a dit, cela nous permet de travailler. Afin que nous puissions rassembler des informations. En effet dans ce cas il l’a dit lui-même.

Compañera S: Oui.

SCIM: Et c’est lui-même qui l’a sorti. Tu dis qu’il t’a encore demandé si tu savais qui a tué, assassiné le compañero Galeano. Et là il a dit que c’était lui. C’est ça ?

Compañera S: Oui

SCIM: Et il t’a dit qu’il lui avait tiré dans la tête.

Compañera S: Il lui a tiré dans la tête et il l’a envoyé se faire foutre.

SCIM: C’est bien, compañera. Quel est ton nom dans la lutte ?

Compañera S: Je m’appelle S.

SCIM: S ?

Compañera S: Oui.

SCIM: C’est bien, compañera. C’est ce que nous voulons, des témoignages directs, parce que toi tu es d’ici, de La Realidad. Tu es allée aux échanges d’Oventik, quel était ta fonction ?

Compañera S: Écoute.

(Note : “écoute” est une fonction, un travail ou un mandat que l’on donne à certaines compañeras et compañeros qui consiste à ce que cette compa « écoute » ce qui se dit durant les échanges et ensuite le raconte dans son village, sa région et sa zone, pour que « les échanges » ne restent pas uniquement au niveau de ceux qui y ont assisté, mais qu’ils arrivent jusqu’à tou-te-s les zapatistes. C’est l’équivalent d’un « rapporteur » ou « rapporteuse ». Les compas sélectionnent les « écoutes » parmi les jeunes qui ont une bonne mémoire, qui comprennent bien l’espagnol et savent s’expliquer dans leur langue. Pour les échanges avec le Congrès National Indigène (CNI), des dizaines de jeunes filles et jeunes hommes ont été sélectionné-e-s dans différentes zones, le but était que ce que diraient nos compas des peuples natifs du CNI soit connu par toutes les bases d’appui zapatistes).    

SCIM: Ah, si, si, si. Ce qui devaient avoir lieu après le Congrès National Indigène. C’est bien. Ce sera tout compañera S. Merci.

(inaudible)

SCIM: Ah, bien. Et quand tu as parlé avec R., il était ivre ou sobre ?

Compañera S: Non. J’étais proche de lui, mais je n’ai pas senti l’odeur de l’alcool. Et quand je suis arrivée à la maison de L., lui rentrait chez lui. Il me regardait, se retournait et riait et moi en colère, je le regardais.

SCIM: C’est à dire, que nous pouvons dire qu’il était sobre quand il a dit ce qu’il a dit ? Il n’était pas ivre.

Compañera S: Non, il n’était pas ivre.

SCIM: Bien. Ce sera tout, compañera. Merci.

-*-

Une autre aube. Le Sous-commandant Insurgé Moisés arrive et me dit :

– Ça y est. L’accord est le suivant, arrivée le vendredi 23 mai, l’hommage au compa Galeano le samedi 24 mai, et chacun rentre chez soi le 25 mai. Pour les bases d’appui.

Je lui demande : Pour ceux de l’extérieur aussi ?

– Oui, ceux de l’extérieur, tu leur mets la même chose que pour les bases d’appui, mais il faut qu’ils amènent leur nourriture et de quoi dormir.

– Je fais un communiqué ou une lettre ?

Ah, et tu les préviens aussi que le 24 mai, dans tous les caracols, les bases d’appui vont aussi rendre un hommage à Galeano. Et que ce serait bien si ce jour là, eux aussi fassent quelque chose là où ils habitent, selon le mode de chacun et leurs temps.

Et autre chose. Si tu mets l’audition de la compañera , ne mets pas les noms de ces connards, seulement la première lettre. Parce que nous ne savons pas s’ils sont coupables d’assassinat ou s’ils jouent aux petits machos et grandes gueules qui veulent faire peur à une jeune fille.

Et mets aussi que nous invitons spécialement les compañeras et compañeros des médias libres ou alternatifs ou autonomes, enfin comme on dit. C’est-à-dire ceux qui ne sont pas payés, ceux qui sont de la Sexta, c’est-à-dire ceux qui sont nos compañeros et compañeras et qui ont une fonction d’ « écoute » sur leurs terres. Et que peut-être… mets le ainsi, c’est-à-dire que « peut-être » le Commandement Général de l’EZLN va donner une conférence de presse aux médias libres ou comme on dit, qui sont de la Sexta. Dis-leur « peut-être » parce que parfois à cause du travail on a pas le temps et il ne faut pas leur donner de faux espoirs. Et les médias payés ne sont pas invités et nous n’allons même pas les recevoir.

– Et je leur envoi la photo du défunt ?

– Oui, mais celle où il est vivant, pas celle du cadavre. Parce que nous nous rappelons des compañeros pour leur lutte en vie.

– Ok, quoi de plus ?

Seulement que nous sommes ici, mais je crois qu’ils le savent déjà, que nous sommes dans la réalité (realidad).

-*-

Bien, Salud et écoute.

Depuis les montagnes du Sud-Est Méxicain.

Sous-commandant Insurgé Marcos.

Mexique, mai 2014. Dans la vingtième année du début de la guerre contre l’oubli.

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